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Bernard Zénier : des yeux partout !

Depuis 1996, l’ancien meilleur buteur de Division I est en charge de la détection des joueurs susceptibles de renforcer l’effectif professionnel.
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En charge donc de collecter, analyser et vérifier les informations grâce à un large réseau d’indicateurs tout en sachant que le club doit rivaliser d’ingéniosité pour devancer les autres. « Je suis à l’écoute de
toutes les informations qui parviennent au club via une foule grandissante d’agents
d’abord, de relations dans le monde du football ensuite. Elles arrivent
chez moi mais aussi chez le président ou le directeur général.
J’en discute alors avec l’entraîneur en partant toujours du
principe de base qui veut que nous sommes à Metz et donc que nous nous
devons de tout regarder, de creuser toutes les pistes. Après nous tentons
de faire…mais nous ne pouvons rien négliger. »


En quelques phrases liminaires, Bernard Zénier a ainsi défini
les grandes lignes de l’action menée au club depuis 1996. Qu’il
précise ensuite : « Je cherche des renseignements, je reçois
des cassettes vidéo et des CV de joueurs ce qui me permet une première
approche…et ce à raison de cinq en moyenne par jour tout au long
de l’année. Après un premier tri dicté par des critères
ou sportifs ou financiers, je transmets au coach ces infos qui viennent d’Afrique,
d’Amérique du Sud, des pays de l’Est ou de Scandinavie. L’arrêt
Bosman et l’arrêt Cotonou ont sensiblement changé les donnes
du marché et les clubs peuvent désormais prendre sans limitation
des garçons venant de partout sauf d’Amérique du Sud ou
d’Asie. Dans le même temps le marché a considérablement
évolué: le nombre d’agents a augmenté de manière
très importante et j’ai souvent au bout du fil des interlocuteurs
non seulement que je ne connais pas…mais qui ne savent pas qui je suis.
Cela non par vanité personnelle mais tout simplement parce que je me
demande comment ils peuvent être arrivés dans le milieu. Ils ont
le diplôme mais je me demande s’ils connaissent les qualités
des joueurs qu’ils nous proposent ! »

Mondragon et Sakho

Cela posé, Bernard Zénier ne boude pas le plaisir
vécu en découvrant de réels talents comme Faryd Mondragon
qu’il avait d’abord vu sur cassette avant d’aller le superviser
en Argentine pour la (courte mais bonne) carrière messine que l’on
sait. Un autre joueur avait tapé dans l’œil du recruteur messin,
Lamine Sakho, alors sous le maillot de Nîmes…mais une grosse semaine
après avoir signalé la perle rare, le joueur optait pour Lens
aux moyens sensiblement plus importants!

Quand on lui fait remarquer les « bons coups » réalisés
lors des venues sous le maillot à la Croix de Lorraine de Fred Meyrieu,
Vladan Lukic ou Dany Boffin, notre interlocuteur la joue modeste : «
D’abord c’était il y a longtemps ( !) et ces joueurs, tu
ne les inventes pas, ils étaient déjà connus. »
Pour
ce faire, Bernard Zénier lit bien sûr la presse sportive mais entretient
aussi le contact avec d’anciens joueurs, souvent partenaires à
un moment ou un autre de sa carrière : « Je peux citer
dans cette catégorie Plamen Markov, aujourd’hui sélectionneur
de Bulgarie, Luc Sonor, Eric Black, entraîneur à Coventry, Lubos
Kubic reparti en République Tchèque, Fernando Zappia en Argentine
ou Carlos Curbelo pour l’Amérique du Sud. C’est un réseau
qui sert dans la collecte des informations en tous genres. »

Suisse, Belgique, Ligue 2 ou National

Au niveau national ou dans des pays proches de l’hexagone,
Bernard Zénier voit ainsi au moins une fois par semaine un match de L2,
de National ou des championnats belges et suisses, des compétitions où
le FC Metz peut faire son marché…s’il se montre plus prompt
que certains autres car dans chaque tribune prennent place le samedi ou le dimanche
de nombreux observateurs en quête du bon coup eux aussi.

« Je fais environ 60 000 kilomètres par saison dans ce
genre de missions confiées par le président ou l’entraîneur
et cela se traduit par des allers-retours dans la journée de 5 à
600 km, ce qui laisse peu de place au tourisme comme je peux parfois l’entendre.
Internet est également source d’infos avec des sites remarquablement
réalisés…même si je ne suis pas un spécialiste.
»


Pour épauler le chargé de détection du FC Metz, quatre
« espions » quadrillent le territoire national et supervisent chaque
semaine des matches et jusqu’au CFA : Basile Pryszlak, un ancien du club,
opère en Rhône-Alpes, Julien Volpé et Maurice Legrand sur
Paris et le Grand Ouest, Jean-Pierre Turci enfin dans le Sud de Cannes à
Sète en passant par Istres et Nîmes. Ainsi chaque week-end des
rapports sont établis et transmis à Bernard Zénier qui
centralise et s’attache à trouver l’oiseau rare. «
Tu vois ainsi un paquet de joueurs et tu espères toujours découvrir
le nouveau Platini (ou Zénier, ndlr). Cela te pousse à aller sans
cesse de l’avant. »

Frustrant parfois

Mais cette toile d’araignée ainsi tissée
ne débouche pas toujours sur des résultats tangibles même
si l’intersaison qui s’annonce devrait voir plusieurs joueurs ainsi
repérés rejoindre les bords de la Moselle. « Il
est certain que lorsque j’assiste à un match et que je remarque
dans la tribune des émissaires de Lens, Lyon ou Auxerre le plus souvent,
je me dis que le gars que je repère le sera également par eux…il
est ainsi frustrant de les voir signer ailleurs quelque temps plus tard mais
ce sont les aléas du recrutement. »
Et de citer parmi
ses semblables le plus souvent rencontrés au fil des saisons Didier Sénac
(Lens), Daniel Sanchez (Nice), Rémy Garde (Lyon), Bernard Genghini (Sochaux),
Delio Onnis (Monaco), Eric Pécout (Paris SG) ou encore Philippe Thys
(Strasbourg).

Parmi les qualités qu’il pense être nécessaires à
la réalisation de sa mission, Bernard Zénier avance pêle-mêle
diplomatie, discrétion, flair, chance…et langue de bois : «
Il en faut pour faire patienter les gens et leur faire comprendre qu’on
ne peut prendre une décision en cinq minutes alors qu’ils souhaitent
généralement presser le mouvement. En ce qui concerne la chance,
le tout est de voir à l’œuvre le joueur le jour où
il se montre sous son meilleur jour. »


Pour le reste, ne cherchez pas, Bernard Zénier est bien dans sa peau
: « C’est une très bonne manière de demeurer
dans le football où je n’aurais pu être entraîneur.
Je n’ai sans doute pas les gènes pour toutes sortes de raisons.
»

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