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Barcelone : 20 ans déjà...

Le temps passe vite a-t-on coutume de constater. Pour les acteurs de ce qui restera envers et contre tout comme un exploit magistral dans les annales du football européen, il semble pourtant bien que la victoire à Barcelone le 3 octobre 1984 n’est pas si éloignée que cela.
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Depuis quelques années, les clubs français
s’inspirent de l’exemple de Marseille, seule équipe hexagonale
à avoir décroché la timbale européenne. C’était
en 1993 contre le grand AC Milan…depuis les résultats n’étaient
pas spécialement brillants mais on notait cependant une certaine montée
en puissance. Celle-ci s’est matérialisée à la fin
du dernier exercice lorsque l’OM et Monaco ont disputé sans succès
les deux finales des compétitions organisées sur le Vieux Continent.
Preuve incontestable des progrès réalisés. Jusqu’alors
il fallait surtout se contenter de quelques exploits au rang desquels figure
dans les toutes premières places l’élimination, en Coupe
des Coupes, du grand Barcelone sur sa pelouse par le FC Metz. C’était
voici 20 ans, c’était hier mais, on le constate en l’évoquant
avec les différents acteurs, la performance est bien présente
dans tous les esprits.

« Ils nous ont snobé
»

Rappelons d’abord le contexte : quinze jours plus tôt,
dans un stade Saint-Symphorien bien garni, les joueurs de Marcel Husson passent
à travers comme on dit. Un but contre son camp de Luc Sonor d’entrée
de jeu complique une tâche déjà eu évidente face
aux vedettes barcelonaises et l’édifice se lézarde pour,
au final, un revers qui semble compromettre toute chance de qualification. Malgré
cela, le président Molinari et le coach, conscients que l’équipe
n’a pas été à la hauteur, se disent, sans le clamer
trop haut, qu’il y a peut-être un coup à jouer au retour,
plus pour l’honneur que pour franchir le tour. Ils décident donc
d’envoyer Jean-Paul Bernad, suspendu en championnat de France, pour voir
le FC Barcelone opérer sur son terrain quelques jours avant des retrouvailles
considérées comme une formalité par le club catalan tout
surpris de voir débarquer un émissaire messin !

Marcel Husson s’en souvient comme si c’était hier : «
Jean-Paul nous a fait une bonne synthèse à son retour et c’était
un plus. Ma première réflexion, 20 ans après, est que les
Barcelonais nous ont donné les verges pour qu’on les fouette !
Ils nous ont snobé, Schuster notamment, ce que l’on n’a pas
droit de faire dans le milieu. Mais je crois surtout que Venables a commis une
grosse erreur tactique en continuant à pratiquer la ligne alors que notre
force résidait dans les contres. Quand Carrasco a marqué portant
le score sur les deux matches à 5-2, ils n’ont rien changé
et lorsque nous avons pris l’avantage, nous les avons senti vaciller.
Dès lors nous gagnions les duels défensifs et à la mi-temps
j’ai demandé aux gars de continuer, pensant que nous étions
bien partis pour un résultat intéressant. Nous étions hyper
décontractés et cela s’est traduit par l’exploit que
l’on sait 45 minutes plus tard. »



Tony Kurbos, l'attaquant du FC Metz, homme de cette rencontre.

« Un moment très
fort »

Les choses semblent si simples racontées de la sorte
avec le recul du temps. Mais l’émotion n’en était
pas moins très forte comme le confie encore Marcel Husson : «
L’exploit a été obtenu par une équipe mature dont
je regrette encore aujourd’hui qu’elle se soit éparpillée
dans la nature quelques mois plus tard. Pour le reste, la joie au coup de sifflet
final a été indescriptible même si nous n’avons pas
forcément réalisé sur le coup la portée de la performance.
La qualification a surtout été un moment très fort sur
le plan humain, une véritable communion entre nous et un plaisir énorme
pour les supporters qui nous accompagnaient. Je pense notamment à Joseph
Birtel, premier entraîneur du centre de formation messin, venu en voisin
de Céret et dont c’était un peu la victoire puisque plusieurs
joueurs étaient passés sous ses ordres. Aujourd’hui cela
reste un exploit dont les gens me parlent encore et que l’on peut, à
mon sens, rapprocher de celui réalisé quelques années plus
tôt par Saint-Etienne à Hambourg. »


Cela a valu aussi une notoriété certaine au FC Metz et il nous
souvient notamment d’une tournée au Mexique l’année
suivante. Les Grenats y étaient présentés sur les affiches
comme les vainqueurs du FC Barcelone en lettres capitales, le nom du club à
la Croix de Lorraine n’apparaissent qu’entre parenthèses
!

Kurbos, Bernad et Ettore se
souviennent

Les joueurs de cette victoire historique se souviennent bien
sûr de ces moments si particuliers à l’image de Toni Kurbos,
trois fois buteur : « Pour le club et pour moi-même, cela reste
l’exploit d’une bande de copains et je n’ai jamais retrouvé
cette ambiance inspirée par Marcel Husson, un « fou » dans
le bon sens du terme, dans le relais d’Henri Kasperczak. Récemment
a été fêté le 100ème anniversaire de l’OGC
Nice et les gens m’ont beaucoup parlé de ce match. Mes trois buts
sont venus comme dans un rêve devant une défense assez lourde.
Nous étions tous dans un jour extra mais Michel (Ettore) a fait un grand
match. »


L’ancien gardien messin enchaîne : « 20 ans déjà
et pourtant le résultat revient très souvent dans les conversations
comme si c’était hier. Les gens ont retenu l’exploit mais
avant et après ce match nous avions subi deux lourds revers à
Monaco (0-7) et Bordeaux (0-6) et nous étions menacés. A l’aller
tout était contre nous puis les choses ont changé sans que je
sache pourquoi. Je crois, sans jouer les anciens combattants, que les menaces
ont joué le rôle d’aiguillon dans un groupe où l’amitié
prenait le pas sur le reste. Nous étions fous de notre club, prêts
à jouer même sans salaire. Dommage qu’on ait échoué
ensuite contre Dresde car avec cette équipe je pense qu’on pouvait
aller plus loin. Marcel Husson nous transcendait par sa hargne, sa fougue et
nous étions littéralement en transes ! »


Jean-Paul Bernad, capitaine de cette belle équipe, évoque également
cette soirée mémorable : « Barcelone à l’époque,
c’était le gratin du foot européen. Nous avions appris le
tirage alors que nous étions en stage. C’était forcément
un match différent des autres. Au Camp Nou, les Barcelonais arrivaient
en Porsche ou Ferrari et nous dans un bus de la troisième génération.
Notre état d’esprit a certainement fait la différence. »

La feuille de match

Barcelone - Metz : 1-4. Stade du Camp Nou. Mi-temps : 1-2. Les
buts : pour Barcelone, Carrasco (33ème) ; pour Metz, Kurbos 38ème,
55ème, 85ème) et Sanchez (39ème csc). Arbitre : M. Bridges.
24 680 spectateurs.

L’équipe messine : Ettore- Sonor, Barraja, Zappia, Lowitz- Bracigliano,
Rohr, Hinschberger, Bernad- Kurbos, Bocandé. Sont entrés en jeu
: Pauk et Colombo.

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